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De qui suis-je le territoire ?

Une carte n’est pas le territoire qu’elle représente mais, si elle est correcte, elle en partage la structure, ce qui explique son utilité.
Alfred Korzybski, Science and Sanity, p. 58, traduit de l’anglais par mes soins.

Je sais que je vais enfoncer des portes ouvertes mais je pense que ça mérite d’être réitéré.

Nous savons qu’un nombre croissant d’organismes, privés ou publics, nous modélise. Pistage en ligne, objets connectés, profils fantômes, analyses de cohortes… Nous sommes définis de manière incomplète, injustement (dans les deux sens du termes) cartographiés.

Ce qui nous reste à comprendre et à assimiler dans la Culture Populaire, c’est l’utilité et l’usage de ces cartes par et pour ceux qui les dessinent. Car de la même manière qu’un chemin indiqué sur une carte devient plus fréquenté, et donc mieux dessiné sur le territoire qu’un chemin non-cartographié, les aberrations de nos modélisations deviennent, au gré des manipulations de fils de publication et des bulles filtrantes, nos propres chemins de pensées.

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3 commentaires

  • karl
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    karl

    Cela me rappelle un billet de blog que j’avais écrit à ce sujet : « Nous les robots ».

    Nous sommes définis par nos expériences et nos rencontres. Les algorithmes nous exposent à un certain type de contenu, donc nous sommes modélisés à travers ces expositions. Suivre les instructions sur Google Maps est une commodité, mais c’est aussi un abandon de notre volonté. Cela ne provoque pas le même type d’accidents. C’est très différent de suivre un chemin sur une carte papier, par exemple, et de définir sa propre trajectoire, son propre itinéraire à partir de critères dont nous ne sommes pas nécessairement conscients en premier lieu. La couleur de la forêt, l’ombre des montagnes, le nom d’un village sont des sources de sérendipité, qui sont étrangères aux algorithmes d’optimisation. Les optimisations conduisent à un « nous » commun uniforme, les robots.

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  • Roland
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    Roland

    Tu as parlé de la modification de nos schémas de pensées qui fait écho à la limitation dans laquelle nous coince la technologie… J’insiste, même si ton propos est plus général, sur les silos de données américains par l’intermédiaire desquels nous avons (hélas) placé toutes nos interactions sociales et qui biaisent notre rapport au réel…

    C’est drôle, ta réflexion est très proche de celle que j’ai lu ce matin sur le site de affordance.info concernant le « Tumblr porn ban ».
    Une anecdote m’a particulièrement marqué. Figure-toi qu’on a observé que les femmes montraient de moins en moins leurs seins à la plage… D’après l’article, ça n’est nullement dû à une vague de pudeur qui se serait abattue sur l’occident mais plutôt à Facebook qui a des paramètres de censure de la nudité tellement affûté, que les femmes s’y soumettent dans la vraie vie, de peur d’être incapables de partager leur photos de vacances sur les internets.

    C’est un exemple particulièrement frappant de la manière dont une entreprise privée modifie jusqu’à notre rapport au réel.

    Répondre à Roland
  • Roland
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    Roland

    Tu as parlé de la modification de nos schémas de pensées qui fait écho à la limitation dans laquelle nous coince la technologie… J’insiste, même si ton propos est plus général, sur les silos de données américains par l’intermédiaire desquels nous avons (hélas) placé toutes nos interactions sociales et qui biaisent notre rapport au réel…

    C’est drôle, ta réflexion est très proche de celle que j’ai lu ce matin sur le site de affordance.info concernant le « Tumblr porn ban ».

    Une anecdote m’a particulièrement marqué. Figure-toi qu’on a observé que les femmes montraient de moins en moins leurs seins à la plage… D’après l’article, ça n’est nullement dû à une vague de pudeur qui se serait abattue sur l’occident mais plutôt à Facebook qui a des paramètres de censure de la nudité tellement affûté, que les femmes s’y soumettent dans la vraie vie, de peur d’être incapables de partager leur photos de vacances sur les internets.

    C’est un exemple particulièrement frappant de la manière dont une entreprise privée modifie jusqu’à notre rapport au réel.

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