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citoyen 1 min Boris Schapira

Tread softly because you tread on my dreams

À la place d’une lutte entre la droite et la gauche, nous sommes désormais témoins d’une lutte entre réformateurs et conservateurs. Nos partis traditionnels, de gauche comme de droite, ont implosé, avec les garde-fous qu’ils pouvaient apporter en terme de constance politique.

Honnêtement, je ne sais plus où me positionner sur ce nouvel échiquier politique. Certaines évolutions me semblent intéressantes, d’autres dangereuses. Parfois, les deux en même temps, suivant que j’en conçois les impacts à court ou long terme. Je n’arrive plus vraiment à suivre le train des réformes et ne m’indigne plus, faute de temps pour m’indigner sur tout ce sur quoi je voudrais.

Ce dont je suis sûr, c’est du pays dans lequel je souhaite vivre et qui est pour moi, encore aujourd’hui, la France. Dans ce pays, chacun conçoit que sa propre vie est meilleure si son voisin n’est pas ruiné par les frais médicaux qu’il doit payer pour sauver son enfant d’une maladie. Dans ce pays, chacun participe à sa façon à ce que nous soyons en sécurité physique, psychologique et affective et que nous puissions vivre librement. Dans ce pays, il est admis qu’un certain nombre de tâches sont mieux réalisées par des agents du service public que par des sociétés privées, parce que leur besoin d’éthique dépasse leur besoin de rentabilité. Dans ce pays, on conçoit que qualitatif et quantitatif ne sont pas équivalent, et que l’évaluation par les chiffres ne permet pas tout. Dans ce pays, la bienveillance l’emporte sur les intérêts personnels et nous sommes capables d’évoluer culturellement pour le bien commun, au-delà de la réussite seule d’un individu.

I would spread the cloths under your feet:
But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.
Extrait de « The Cloth of Heaven », de W. B. Yeats


23 octobre 2017 : je découvre cette vidéo de la chaine Youtube « Ouvrez Les Guillemets » qui résume bien mon ressenti. Si je me sens aujourd’hui perdu, ce n’est pas tant que le clivage droite-gauche a disparu que parce que la gauche (sans extrême) est complètement absente du débat.