Aller directement au contenu principal
11 min Boris Schapira

Résolutions

Retour sur 2016

En ce début d’année 2016, j’ai décidé de prendre quelques bonnes résolutions. Il est temps de voir où j’en suis alors que 2017 se profile démarre.

Dégager plus de temps en dehors du travail

Je voulais avoir plus de temps en dehors du travail, sans savoir vraiment comment faire. J’envisageais notamment d’arrêter de donner des cours chez Ingésup. C’est à ce moment-là que Caroline m’a approché pour enseigner à l’ECV Digital. Une classe de moins de dix élèves, tous alternants, sur des journées entières plutôt qu’une heure à droite ou à gauche… c’était une proposition séduisante !

Je ne voulais pas refuser mais, en même temps, je n’avais plus de congés sur lesquels donner des cours1. J’ai donc entamé une discussion avec mon employeur, Clever Age, par le biais de mon responsable d’agence Sébastien Dugué et de la responsable RH, Hélène Gat. Leur réaction a été immédiatement positive et ils m’ont soutenu en me proposant un avenant à temps partiel (à 92 %, pour être précis) ! Parfait !

Sauf que… l’idée de dégager du temps en dehors du travail était principalement motivée par mon envie de passer du temps avec mes garçons. Nous avons donc discuté avec ma femme, qui avait aussi besoin de réévaluer son emploi du temps, pour intégrer davantage de constance dans nos rythmes avec les petits chats.

Désormais, je dépose les enfants presque tous les matins à l’école, à pied le plus souvent. Cela nous permet de partager le petit-déjeuner et de discuter sur le trajet. Le week-end, nous avons introduit davantage d’activités extérieures (notamment des picnics, y compris sous tente jusqu’à la moitié de l’automne). Enfin, nous avons supprimer les routines liées à la télévision2 et introduit à la place un rituel impliquant un long métrage en famille en fin de week-end.

Constat : résolution tenue !

Formaliser mes processus

En 2015, j’exprimais une volonté de mieux formaliser mes processus de travail. Cela consistait à la fois à questionner mes outils et leurs usages mais aussi à critiquer ma méthodologie pour la faire évoluer.

J’ai ainsi commencé à me renseigner sur les pratiques de mes collègues chefs de projet mais aussi sur le monde de l’Agile que je connaissais de loin, pour l’avoir pratiqué plus ou moins bien, sans toujours le comprendre, depuis 2008. Cette re-découverte avec le recul de dix ans d’expérience m’a permis de mieux en analyser les paradigmes et de mieux identifier les difficultés liées à la mise en place de la variante la plus courante : SCRUM.

La méthodologie m’a, au final, moins apporté que les outils de gestion de projet qui gravitent autour car, dans les faits, nombre de mes pratiques quotidiennes étaient déjà proches de l’agilité. En revanche, mes outils de suivi ne collaient pas, plutôt issus de paradigmes CMMI. Résultat : je constatais un décalage régulier entre l’estimation du reste-à-faire en termes de charge et de valeur. J’ai donc repris de nombreuses choses et mon outillage est beaucoup plus cohérent, aujourd’hui, avec mes objectifs.

Comme souvent, en montant en compétence, je suis devenu prescripteur et j’ai commencé à observer autour de moi quels projets pourraient bénéficier de l’approche et/ou des outils. Sans forcément que j’y réfléchisse, à un moment donné, en 2016, je me suis retrouvé à encadrer des projets en Agile et à trouver ça naturel. Il faut dire que j’ai eu l’incroyable chance de ne travailler que sur des projets où c’était tout-à-fait adapté, à la fois par le contexte mais aussi, surtout, par les personnes formidables qui y ont participé.

Je suis ravi de cette évolution. Il me reste désormais à calmer le moi-intérieur qui souhaite me mettre une claque à chaque fois que je reprends un ancien projet sur lequel ce travail d’évaluation de la valeur métier n’avait pas été fait, ou mal entretenu. Dans la gestion de projet comme dans le développement, il est toujours difficile de regarder ce qu’on a produit à une autre période de sa vie…

Constat : résolution en bonne voie, qui se concrétisera peut-être par une certification un jour, qui sait ?

Mieux gérer mon énergie

En 2015, je me plaignais de n’avoir pas pris le temps de prendre du recul sur ma propre activité pour mieux planifier mes tâches de travail. La situation n’a pas changé mais j’ai pu analyser pourquoi. D’abord, le travail en équipe ou en entreprise qui ne permet pas nécessairement d’être libre de son planning ou d’éviter les interruptions. J’ai fait quelques tentatives de Pomodoro, sans succès. Ensuite, une mauvaise maitrise de mes propres fluctuations d’endurance professionnelle. En cause : ma vie personnelle (les enfants qui ne font pas leurs nuits), mais aussi la gestion de phases, que j’ai encore parfois du mal à identifier en amont, dans lesquelles toutes les demandes convergent.

Constat : échec en 2016, à prioriser en 2017.

Me tenir droit, mieux manger

Durant toute l’année 2016, ma femme et moi avons poursuivi nos efforts pour une alimentation plus saine, à la fois pour nous mais aussi et surtout pour les enfants. Notre consommation de viande a profondément chuté (au point de passer parfois une semaine sans en préparer/consommer à la maison), et nous avons découvert de nombreuses recettes à base de légume, notamment auprès de la communauté vegan qui partage beaucoup. Bien que la fin d’année est largement sombré dans le n’importe quoi (la fin d’année, donc), c’est déjà ça.

Du côté de ma posture, j’ai noté une vraie amélioration et des conséquences sur mon bien-être au travail : meilleure digestion (plus de syndrome d’endormissement après un déjeuner copieux), meilleure concentration, disparition des douleurs lombaires. Le Better Back m’a beaucoup aidé comme tuteur le temps que certains muscles dorsaux se remettent en ordre de marche, mais n’est plus utile très souvent aujourd’hui.

En revanche, mon activité physique est toujours faible : j’ai beaucoup pratiqué la trottinette quand les températures étaient plus clémentes (au point de faire 80 km en moins d’un mois pour chasser des pokémons…) mais je penne à me motiver pour des activités physiques plus intenses.

Constat : pas mal sur 2016, mais un effort à poursuivre.

Promouvoir l’égalité, lutter contre les inégalités

L’année a été très mouvementée en ce qui concerne les inégalités. Le sujet m’a beaucoup touché et j’ai fait ce que je pouvais, ici ou ailleurs, pour y remédier.

Le ménage devant ma porte

Cela a commencé par un travail intérieur pour mieux identifier mes propres biais, notamment en parlant plus ouvertement de mes réactions instinctives avec d’autres (notamment ma femme), pour mettre le doigt sur des conditionnements et douter de leur bien-fondé. La liste de mes propres biais est fort longue, du biais culturel au biais de primauté (et de halo), de l’ancrage mental à l’aversion à la dépossession… mais se renseigner sur le sujet ne permet pas de se corriger. Il s’agit d’un travail constant de doute quant à ses propres réactions…

En tant que citoyen

On va essayer de ne pas y passer trois heures : quasiment tout ce que j’ai écrit sur mon blog « Citoyen » en 2016 concernait la perception de l’Islam en France. C’est un sujet en creux en ce moment, mais qui reviendra très fortement et de manière nauséabonde rapidement, pour servir la soupe sécuritaire à la Présidentielle. Ne vous y trompez pas, le moindre accident sera l’occasion de complètement occulter l’éducation, la Culture, l’écologie…

Brace for impact.

Au travail aussi

Professionnellement, 2016 a aussi été l’année de ma redécouverte de la Qualité Web. J’ai mis à l’épreuve mes compétences dans le cadre d’examen ou d’audits et je suis content de l’avoir fait.

Chaque test réalisé dans JAWS est un constat d’humilité. Chaque navigation au clavier est un exercice de patience. Réaliser des audits complets sur le RGAA permet de se rendre compte du chemin à parcourir pour rendre le Web accessible à tous.

Passer la certification Opquast m’a également permis de confirmer ce que je faisais depuis des années, à savoir regarder le Web par les yeux des utilisateurs qui ne le maitrisent pas, ou mal, et qui se retrouvent démunis face à des produits applicatifs mal pensés. Les différents audits réalisés dans l’année m’ont permis de mettre le doigt sur des mauvaises pratiques (pas forcément volontaires, notez bien) et de rendre certains projets un peu meilleurs.

Dans mes échanges quotidiens

En 2016, j’ai également été plus vocal dans l’expression de mes valeurs, sans pour autant y adjoindre de violence, de manière à ne plus laisser se dérouler sous mes yeux des situations qui me déplaisent. Ce n’est pas évident, il faut prendre son courage à deux mains, trouver les mots justes…

J’ai également essayé d’agrandir mon cercle d’échange et d’inclusion en m’intéressant aux initiatives qui valorisent les femmes, mais également en publiant des offres de stage sur des plateformes destinées à des jeunes de lycées péri-urbains ou en ZEP pour leur donner de l’espoir concernant les métiers du numérique qui sont, à mon sens, ouverts à tous.

En chemin, j’ai rencontré ou me suis rapproché de pas mal de gens qui pensent et agissent comme moi, mais je sens que je heurte le plafond de notre bulle de verre commune. Peu de nos actions ont véritablement un impact sur des minorités et beaucoup de choses sont entravées par des conflits endogènes.

Combien de fois les femmes féministes répètent à des hommes que le souci n’est pas de savoir à quel point ils sont « des mecs biens » ? Combien d’antiracistes expriment leur lassitude ou leur mépris face aux blancs qui se prennent pour des héros parce que « moins racistes » ou ayant fait une mission humanitaire? Il existe même des termes spécifiques: Nice Guy, White Saviour, Chevalier blanc…
« Social Justice Warriors, notre violence n’est pas virtuelle », Lauren Plume

J’ai en effet rencontré de grandes difficultés avec certaines personnes… violentes, je pense que c’est bien le mot, qui ont rejeté mon propos en me cataloguant immédiatement comme (rayez les mentions inutiles) mâle blanc cisgenre hétéro valide neurotypique CSP+, utilisateur de produits propriétaires, vivant dans un des pays développés les plus riches du monde et en bonne santé (avec tous mes membres).

À raison.

C’est justement parce que je suis conscient de ma chance que j’essaie de m’intéresser aux autres et d’avoir une once de bienveillance. J’ai des problèmes, bien sûr, comme tout le monde, mais je n’ai pas trop de mal à les verbaliser, les regarder en face, les accepter pour ce qu’ils sont et comment ils me façonnent. Ce sont des problèmes qui n’entravent pas ma vie et ne changent pas la façon dont les gens me regardent ou me considèrent. Ce n’est pas le cas de tout le monde et je peux comprendre que certains portent leur propre souffrance en étendard, soient en colère…

Mais rien ne m’oblige à les écouter. J’ai progressivement appris à esquiver ce genre de militants car les discussions sont alors très longues, sans intérêt autre que celui de se rouler dans la fange ensemble. À la troisième discussion où on m’a traité de violeur, de meurtrier ou de nazi parce que je n’étais pas intégralement en accord avec le discours agressif de mes interlocuteurs, j’ai lâché l’affaire.

Au lieu d’essayer de diffuser plus largement des idées, et de chercher à améliorer le monde, on se retrouve en nombre de plus en plus petit, les plus purs possibles sur le plus de sujets possibles. On a créé une espèce de secte intolérante, où le moindre petit écart à la norme établie sera mal jugé.
« Amilitant », Benjamin Bayart

Je ne comprends pas leur colère, mais ne leur refuse pas. Chacun ses luttes, chacun ses méthodes. La plupart des inégalités ont été dénoncées par l’action puis corrigées par le dialogue. Il faut de tout pour (re)faire un le monde.

Pour ma part, je réserve mon énergie afin qu’elle serve d’abord ici, à ma petite maïeutique personnelle. J’ai bien sûr toujours des discussions engagées mais uniquement avec certains membres de ma famille, de mes amis, de mes collègues… un cercle rapproché de personnes avec que je sais que je peux discuter, être en désaccord, même profond, et ensuite prendre l’apéro.

Constat : très certainement des efforts à poursuivre en 2017, 2018, 2019…

  1. J’ai donné des cours sur mes congés de salarié Clever Age pendant cinq ans… vous connaissez le principe de la solution temporaire qui dure ? 

  2. Elle est toujours là mais ne sert qu’exceptionellement, et jamais pour les programmes entrecoupés de publicité. 

Mail Facebook Twitter Feed Flickr Github LinkedIn Mastodon Search A loop Information git Clock Français English