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citoyen 3 min Boris Schapira

Infobésité et rébellion

Trois lectures qui se font écho et rappellent que seule l’éducation permet de se prémunir contre l’émergence de comportements issus de situations d’impuissance.


Overall, young people’s ability to reason about the information on the Internet can be summed up in one word: bleak. Our « digital natives » may be able to fit between Facebook and Twitter while simultaneously uploading a selfe to Instagram and texting a friend. But when it comes to evaluating information that fows through social media channels, they are easily duped.
« Evaluation information: the cornerstone of civic online reasoning », Stanford History Education Group, produced with the support of the Robert R. McCormick Foundation

Nos jeunes sont naïfs et croient ce qui leur est dit sur des canaux dont ils ont l’impression qu’ils sont modelés à leur image. Cela n’a sûrement rien de nouveau et nous étions sûrement pareils au même âge mais exposés à moins de canaux, moins personnalisés et diffusant moins de messages.

Combient prennent vraiment le temps de douter de toutes les informations qu’il voit passer sur leur flux Facebook et complètent par une recherche personnelle ?


Le citoyen moderne est à la fois plus informé que jamais (à condition de faire un effort) et visiblement frustré d’une offre politique qui apparaît comme à la fois peu diversifiée et impuissante face à des problèmes graves. Le vote est un des rares instruments qui s’offre à lui de surmonter cette frustration et de se rebeller, au mépris parfois de toutes les prédictions, avec parfois même aussi l’envie de les déjouer et de faire mal.
« Le point Fillon », Michel Goya

« Faire un effort ». Et si pour certains, cet capacité de pensée était tout simplement impossible, faute d’une éducation à décoder les discours politiques ?


Avec ce raisonnement, on se retrouve avec l’outil de communication le plus puissant de l’histoire de l’humanité [Facebook], mais sans aucun mode d’emploi ou précaution d’utilisation. Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de faire le procès de Facebook. Ce qui est décrit ici n’est ni plus ni moins que les conséquences d’une uberisation des médias : un outil numérique (Facebook) qui remplace un support analogique (les journaux papier) avec des utilisateurs qui ne changent pas leurs habitudes (« je me nourris tous les jours avec de l’info ») et ne savent pas prendre un minimum de recul (« si c’est écrit, c’est que c’est vrai »).
« Arrêtez de vous plaindre, vous avez le fil d’actus que vous méritez », Frédéric Cavazza

L’éducation aux médias fait partie de l’enseignement secondaire mais en dehors de la réclame, qui reste assez simple à analyser, les communiqués sont des créations complexes, mêlant image, texte, fréquence d’affichage, manipulation des émotions et des idées préconçues, phénomènes de désinformation de masse…

Il faut déconstruire le message (les fact-checker font un travail remarquable), mais également la composition de ses canaux de diffusion, son inscription dans une narration contrôlée dans le temps et les stéréotypes sur lesquels son interprétation inconsciente se construit.

Peut-on former l’ensembler de la population à faire ça ?

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