Aller directement au contenu principal
Citoyen 2 min Boris Schapira

Stop

Nous sommes inondés de messages commentant les récentes affaires de harcèlement sexuel. Peu incitent à ce que ça s’arrête, préférant en rigoler, voire décrivant les femmes qui les dénoncent comme des emmerdeuses ou des hystériques. D’autres, pensant défendre la cause, enchaînent les bons mots sur telle ou telle femme politique, « évidemment trop moche pour être concernée ».

Ça m’insupporte.

Une femme s’estime victime de harcèlement ? C’est très important qu’elle en parle. Une autre femme ne s’estime pas concernée ? Très bien pour elle, quelle chance elle a ! Qu’elle en parle aussi, pour expliquer que non, tous les hommes ne sont pas comme ça.

Est-ce une raison pour que les deux se discréditent mutuellement ? Non.

Il s’agit juste de deux personnes, avec deux expériences de vie différente. L’expérience positive de l’une ne doit pas empêcher l’autre d’exprimer sa souffrance. Cette expérience négative ne doit alors pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des hommes.

C’est comme ça pour une femme, pour un homme, pour quelqu’un de grand ou de petit, un pastafariste ou une Jedi1, quelle que soit la couleur de peau…

Quand j’entends parler de « gestes déplacés », j’ai dans ma tête l’image d’une femme qui, quelque part je ne sais où, est en train de prendre 50 douches pour s’en défaire. Et je ne ris pas.

Quand j’entends parler de « verbes un peu hauts », j’imagine cette autre femme qui subit les avances répétées d’un confrère, collègue, proche, inconnu, qu’importe: de quelqu’un à qui elle a dit « non » une fois, mais qui n’a pas compris qu’il y a des limites entre « faire la cours » et « être intrusif ». Et je ne ris pas.

Quand j’entends parler de « harcèlement sexuel », j’ai au cœur, là, comme un coup de couteau dans ma chaire de femme, la détresse d’une nana (ou d’un mec, parce que ça arrive à tout le monde), qui pleure dans le noir, qui se sent sale, dégueulasse, et qui ne peut qu’avoir encore plus de dégoût pour elle-même en entendant des gens rire et même parfois considérer « qu’il/elle l’a un peu cherché ».
« Comme je vous envie, vous qui réussissez à ‘rire de tout’… » par Papotiche

  1. si vous avez une religion plus conventionnelle, ou pas de religion, ça vous concerne aussi, hein. 

Mail Slack Facebook Twitter Feed Flickr Github LinkedIn Search A loop Information git Clock Français English