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8 min Boris Schapira

Préparation d'une miniconférence

génèse de ma conférence pour Sud Web 2014

Note : et voilà, c’est fini, pfiou ! Pour les curieux, les slides sont là (et vous pouvez taper sur la touche ‘s’ pour voir la transcription).

On m’a dit un jour :

Les experts ne sont pas toujours des experts avant de prendre la parole : c’est leur prise de parole qui fait que nous les considérons comme des experts.

Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que nous savons, au fond de nous, que la prise de parole nécessite un travail important en amont, sans forcément arriver à l’évaluer…

Il y a quelques mois, j’ai soumis une idée pour un Lightning Talk (une courte présentation) pour Sud Web : « De l’idée au projet ».

Ma participation m’a été confirmée il y a quelques semaines, mais je n’avais pas le temps de m’occuper d’y penser, donc j’ai remis ça à plus tard. Nous sommes le 21 avril, un peu moins d’un mois avant Sud Web. Il est temps de réfléchir aux imbécilités que je vais énoncer devant les 150 pauvres âmes qui devront me supporter pendant 5 minutes ce jour-là.

J-25 : L’idée

Lorsque j’enfile ma casquette de consultant ou de chef de projet, mon travail consiste très souvent à aider un client à formaliser une idée. Cette idée peut être plus ou moins mûre, plus ou moins réfléchie, plus ou moins porteuse : mon travail n’est pas de la remettre en question, mais plutôt de participer, en apportant mes connaissances et mon expérience, à sa formalisation.

Au fil des années, j’ai appris à ne pas faire ça n’importe comment et à passer par des outils comme le Business Model Canvas, Lean Canvas et plus généralement, tous les concepts empruntés au Design de Services, domaine méconnu mais ô combien intéressant des sciences cognitives.

En proposant ce concept à Sud Web, je voulais présenter tout cela. En 5 minutes. Ça va faire court.

J-24 : Les grandes lignes

Une fois qu’on a l’idée, encore faut-il démarrer l’écriture. Ma principale difficulté, dans ce genre d’exercice, est de toujours me focaliser sur l’introduction. Mais en cinq minutes, c’est ridicule. En 5 minutes, l’introduction dure 30 secondes. Il faut donc être clair et précis dans la présentation d’une trame. Dans les quelques minutes que je vais avoir à ma disposition, il faut que j’arrive à faire passer trois idées :

  • Les idées sont volatiles, les capturer est difficile
  • Formaliser son idée en utilisant un modèle (exemple : Lean Canvas)
  • Transmettre son idée pour l’expérimenter : à qui, comment ?

J-23 : La répétition

Dans un exercice oral comme celui-là, le rythme et la répétition sont importants, ainsi que l’utilisation de repères simples à se remémorer. Il est ainsi possible de reformuler légèrement les trois points principaux de manière à pouvoir en parler sous une forme qui sonne juste. J’ai opté pour des verbes, symboles d’action, et je les ai pris commençant tous trois par un « C »… parce que c’est marrant :

  • Capturer,
  • Conceptualiser,
  • Confronter.
    Ça me semble pas mal, même si je ne suis pas pleinement satisfait du « conceptualiser ». Mais ça servira son objectif : imposer un rythme.

J-20 : La rédaction

Un Lightning Talk est trop court pour ne pas être rédigé. Lorsqu’on lit un texte, notre vitesse moyenne est de 340 mots par minutes. À l’oral, nous sommes plutôt à 180 mots. Et pour que les gens soient attentifs, mieux vaut parler clairement et lentement, et donc compter 160 à 170 mots par minute. 5 minutes, cela fait entre 800 et 850 mots.

Le plan à « trois C » me convient bien, mais avant de rédiger, il faut que je développe un peu les idées-clés, et que j’attribue à chaque partie une longueur, pour être sûr de ne pas avoir un contenu déséquilibré :

  • Introduction (~120 mots) : les idées dans ma vie de consultant, pourquoi elles n’arrivent que rarement jusqu’au statut de PMV
  • Capturer (~180 mots) : parler de la volatilité, de l’agacement et/ou de l’impatience de l’auteur. Inciter à s’équiper d’un crayon et d’un carnet pour griffonner, présenter des outils méthodo comme le Mind Mapping ou l’Affinity Diagram.
  • Conceptualiser (~180 mots) : introduire le Lean Canvas comme un modèle, parmi d’autres, de formalisation. Insister sur les forces du modèle : notamment celle de mettre en exergue les zones d’inconfort dans notre concept.
  • Confronter (~180 mots) : importance de l’interlocuteur, outils de formalisation pouvant être complétés par des outils méthodologies dédiés à l’échanges qui souvent complètent le projet
  • Conclusion (~120 mots) : ne laissez pas vos idées s’envoler sans leur avoir donné leur chance. Exemple : Sud Web, une bien bonne idée.

J-17 : Premier jet rédactionnel

J’ai essayé, au maximum, de ne pas passer trop de temps sur le premier jet rédactionnel en lui préférant l’itération. Je suis à 792 mots, répartis en 110 / 171 / 197 / 190 / 124, j’ai donc des introductions et conclusions un peu plus courtes que prévu, mais au final, je rentre dans les contraintes que je m’étais fixé.

J’ai tenté un premier minutage, en parlant assez doucement. Je suis à un peu plus de 5 minutes, c’est trop. Sur place, je parlerai probablement plus vite à cause du trac mais d’un autre côté, il faudra changer de slides et anticiper les imprévus (on n’est jamais à l’abri d’un cafouillage qui fait perdre de précieuses secondes). J’essaierai de simplifier tout ça quand j’aurais fait quelques slides de support.

J-15 : Le nombre de slides

Il n’est pas donné à tout le monde de faire des présentations à la Steve Jobs. J’ai abandonné depuis longtemps mes rêves de réaliser des présentations fabuleuses de 30 minutes avec uniquement 5 photos piquées dans une banque d’images National Geograpic.

Pour cette présentation, la contrainte est claire : très peu de temps. Cela implique qu’il faudra concentrer l’attention et donc éviter la dispersion et présentant trop de contenu. Mais cela veut aussi dire que les spectateurs n’auront, objectivement, pas le temps de retenir des informations. Remplir des slides de contenu est donc inutile, voire contre-productif. Il faut donc se cantonner à un transparent toutes les 45 secondes à 1 minute, soit environ 7 slides. Disons 8,  grand maximum, et principalement des choses très visuelles.

J-14 : Premier jet de slides

Pour le medium, j’ai choisi Reveal.js. Je trouve la solution Web RWD pratique dans la mesure où je dispose de peu d’informations sur l’ordinateur qui sera utilisé pour présenter le contenu : je ne peux que difficilement me tromper en considérant qu’il dispose d’un navigateur récent.

J’ai repris mon premier jet rédactionnel et j’ai regardé le paragraphe que j’y avais mis pour séparer les contenus en unités logiques. 7 unités, 7 slides. À force de ressasser ma trame, j’ai des idées de contenus plutôt visuels et parfois drôles qui me sont venus, ça devrait fonctionner.

J’ai ajouté des slides qui sont uniquement dédiées à la présentation d’outils méthodologiques issus de la boite-à-outils du Service Design. Malheureusement, cela augmente à la fois le contenu rédactionnel (je ne peux pas présenter des outils sans en parler) et le temps passé.

J-10 : Petites itérations

Je reviens sur mes premiers jets, sans en être satisfait. Les tournures de phrases ne passent pas à l’oral et surtout, j’ai beaucoup de mal à les mémoriser. Note pour plus tard : corriger ça. Je laisse tomber cette frustration pour l’instant, impossible de trouver comment reformuler. Je verrais cela plus tard, à tête reposée.

J-4 : Répétition

Thomas m’a proposé une répétition. Dans les grandes lignes, cela se passe bien. Il me fait quelques commentaires constructifs qui m’obligent encore une fois à ajouter du contenu à ma présentation, notamment pour mieux en dessiner l’objectif.

Je m’aperçois également que j’ai lu mes notes pendant l’appel, ce qui est un assez mauvais signe d’appropriation : je suis plutôt du genre à mémoriser rapidement d’habitude, du moment que je trouve cela cohérent avec un discours. Ce n’est pas le cas. Je reformule donc de nombreuses parties.

J-1 : La pression monte

Je suis environ à 1200 mots, ce qui est très loin de mon premier jet initial inférieur à 800 mots, mais je maîtrise assez bien l’enchaînement qui contient davantage de répétitions et de tic de langages qui facilitent sa mémorisation. Par contre, là où ça peut coincer, c’est que je me minute régulièrement à 7-8 minutes (note post-présentation : cela sera en effet mon chrono).

Plus ça va, plus je me rends compte qu’un Lightning Talk est, par bien des aspects, plus compliqué à produire qu’une présentation de 30 minutes où on peut laisse davantage de place à l’improvisation. Advienne que pourra, plus moyen de faire demi-tour et évidemment hors de question de retoucher aux slides au denier moment. J’aviserai sur place, en fonction de notre conformité au planning. S’il le faut, j’irai plus vite sur certaines parties… si je peux.

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