Aller directement au contenu principal
2 min Boris Schapira

Workholics

L’avènement des nouvelles technologies de mobilité (ordinateurs de plus en plus léger, wifi, connections sécurisées aux réseaux d’entreprises, smartphones) a développé chez certains cadres une véritable addiction au travail, incitée par une demande accrue des entreprises à pouvoir joindre leurs collaborateurs n’importe où et n’importe quand.

Jusqu’ici, les entreprises étaient plutôt friandes de ce type de salarié. Imaginez l’aubaine : même en vacances, votre cadre travaille pour vous ! Il n’était donc pas rare de voir des managers offrir à leur cadres un smartphone dédié à la connectivité au travail, comme le Blackberry dont les ventes explosent littéralement depuis 2001. Mais la situation change, et elle ne va pas plaire aux entreprises qui pour l’instant n’y voient que du feu.

Cet été, j’ai compté plusieurs personnes dire « Je pars X semaines en vacances. S’il y a un problème, n’hésitez pas à m’appeler ». Ces collaborateurs n’étaient pas irremplaçables. Leurs compétences existaient ailleurs dans l’entreprise mais par commodité, on les a appelé plutôt que de se demander qui pouvait aider à leur place. Évidemment, on se souviendra qu’ils ont répondu, ce qui les rendra encore plus indispensable aux yeux de leurs responsables.

Le problème, c’est que la plupart de ces cas, les raisons pour lesquelles l’entreprise ressent le besoin d’appeler le collaborateur est qu’il lui manque une information et que le collaborateur n’a désigné personne en mesure de la délivrer rapidement en son absence, impactant l’organisation des réseaux de l’entreprise, une des clés d’une bonne intelligence économique. Cela porte un nom : la rétention d’information.

Mais la rétention d’information n’est pas la seule conséquence. En absence de déconnexion complète, de plus en plus de cadres souffrent d’un stress intense causé par le sentiment oppressant de ne jamais vraiment quitter l’entreprise. Certains finissent même par avoir besoin d’une cure de déconnexion totale avant de tomber en dépression.

Alors quand j’entends vanter les mérites de quelqu’un qu’on a réussi à joindre pendant ses vacances à l’autre bout du monde, je me dis que je suis vraiment heureux de savoir tout éteindre quand je pars.

Sur ce, je vous laisse, je viens de recevoir un mail sur mon Blackberry et il faut absolument que je regarde maintenant de quoi il s’agit

;)

Mail Facebook Twitter Feed Flickr Github LinkedIn Mastodon Search A loop Information git Clock Français English