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4 min Boris Schapira

La nomination de NKM n'est pas *forcément* une bonne nouvelle

Et si finalement, la nomination de NKM n’était pas une bonne nouvelle pour le Web ? Réfléchissons à la suite d’évènement qui a amené à cette nomination…

Xavier Bertrand devant quitter son poste pour prendre la direction de l’UMP, Nicolas Sarkozy a orchestré un remaniement de l’équipe gouvernementale. Grand gagnant, le très endurant Brice Hortefeux qui récupère le Ministère du Travail, laissant sa place au Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale vacante. Ce siège, qui requiert endurance et pugnacité, expose fortement son Ministre aux critiques de l’opposition et aux mépris de nombreux français. Il fallait quelqu’un qui n’a pas peur d’être haï tout en sachant rester fidèle à Nicolas Sarkozy. Eric Besson était le candidat idéal. Mais qui pour lui succéder au poste de secrétaire d’État chargé du développement de l’Economie Numérique ?

Le nom de Fréderic Lefebvre commence à circuler… Problème : Lefebvre fait peur. Son discours est bien trop radical et ses détracteurs très nombreux sur le web. Il faut dire que l’homme a la langue bien pendue et cela lui joue parfois des tours quand un journaliste taquin s’amuse à poser des questions sur le sujet… Lefebvre est peut-être qualifié en Economie, mais le personnage énerve et la Toile ne rate pas une occasion d’en faire ses choux gras, d’autant que l’homme politique est actionnaire majoritaire d’un cabinet de lobbying.

Tandis que la rumeur enfle autour des bourdes de Lefebvre, le nom de Bruno Retailleau fait son apparition. Ce parlementaire, proche de Philippe de Villiers (MPF), est présenté par la presse comme un homme compétent et motivé. Détracteur du « projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet » de Christine Albanel et président de la commission du dividende numérique, il aurait même pu incarner l’image de « l’ouverture à droite ». Dommage pour lui, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui remporte le siège.

Secrétaire d’État auprès du ministère de l’Ecologie jusqu’à ce matin, NKM est bien perçue par les médias qui lui reconnaissent du courage et des débuts prometteurs. Il faut dire qu’elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, quitte à se mettre à dos le groupe parlementaire UMP, son président, Jean-François Copé, et son propre ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo. Très estimée par les associations de protection de l’environnement, la jeune femme ne pouvait très certainement pas rester plus longtemps à ce poste, d’autant qu’approche l’examen du Grenelle II, bien moins favorable à l’écologie que son illustre mais inappliqué prédécesseur. Il fallait que NKM parte.

D’ici à l’Economie Numérique, il n’y avait plus qu’un pas. D’autant que son nom n’est pas inconnu de ceux qui s’intéressent au Web, et pour cause. Elle le partage avec Pierre Kosciusko-Morizet, son frère, qui avait été contacté par l’Express à propos de l’éventuelle nomination de Fréderic Lefebvre. Descendant d’une lignée d’hommes politiques, PKM peut se vanter d’avoir décroché quelques médailles sur le Web. Co-créateur de PriceMinister.com, il se permet même de prendre des décisions à contre-courant comme celle de participer, en pleine période de crise économique, à la création d’un fonds d’investissement dédié à l’amorçage et au développement de startups Web. Lobbyiste, il est membre de l’ACSIL et de Renaissance Numérique, un Think Tank qui s’est récemment mis en avant en s’opposant  aux propositions de financement des chaines publiques par une taxe sur les revenus du Web.

Armée d’un tel entourage, NKM s’oppose complètement à Lefebvre et nul ne doute que sa nomination sera bien accueillie sur la Toile. Mais qu’en est-il de sa crédibilité ? Tout comme Lefebvre, il lui sera constamment reproché d’être sous influence : celle de son frère que l’on commence déjà à interroger sur ses compétences. Quel crédit pourra-t-on accordée à NKM lorsqu’elle abordera la régulation du Net, la taxation des FAI ou l’adoption des technologies libres ? Condamnée à se taire sous peine d’être accusée de conflit d’intérêt, NKM risque d’être contrainte à appliquer sans un mot les volontés du Gouvernement…

Et si finalement, la nomination de NKM n’était pas une bonne nouvelle pour le Web ?

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