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2 min Boris Schapira

La route sera longue (mais les femmes vont apprécier)

La BCE réduit ses taux autant qu’elle peut (le taux directeur est passé de 4,25 % à 2,50 % en cinq mois), prête davantage et plus longtemps et accepte un plus grand nombre d’actifs en garantie. L’État a souscrit des titres pour 10,5 milliards d’euros  dont plus de 5 milliards ont déjà été fournis afin de renforcer les fonds propres de nos banques et la caisse de refinancement dispose d’une capacité totale d’emprunt-prêt de 320 milliards.

Malgré cela, la confiance ne revient pas et ce ne sont pas les récentes découvertes transatlantiques qui vont changer la donne. Avant même l’affaire Madoff, le crédit n’était pas au beau fixe. Comme l’expliquait Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, le 10 décembre dernier :

« En zone euro, les banques déposent à la BCE tous les jours environ 200 milliards d’euros de liquidités. Ce sont des sommes qu’en temps normal elles se seraient prêtées entre elles. Le marché sera normalisé et la confiance restaurée quand ce chiffre se sera rapproché de zéro »
Interview accordée au Figaro

Et les crédits aux ménages et entreprises dans tout ça ? Les foyers doivent montrer patte blanche (apport personnel élevé, garanties importantes) pour emprunter à des taux nominaux qui, s’ils ont ralenti leur croissance, restent très élevés (et surtout, ne reflètent pas -encore ?- les baisses des taux directeurs). Les PME aussi souffrent de difficultés, malgré l’aide de leur Secrétaire d’État. La croissance des crédits va assurément marquer un repli.

Évidemment, le plan de relance ne portera pas ses fruits en quelques jours (a priori, il faudra une année et peut-être même un second plan) et je ne suis même pas sûr que les chiffres annoncés par la Banque de France aujourd’hui aient été d’une quelconque façon influencés par les récents prêts aux banques accordés par l’État. La situation est très tendue et il va nous falloir un certain temps pour nous en sortir. D’autant qu’il faudra, en même temps, enrayer la progression du chômage.

Seule bonne nouvelle : si nous suivons la tendance américaine, le marché de l’emploi devrait favoriser les femmes. Mais c’est vraiment pour trouver un point positif à la crise…

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