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2 min Boris Schapira

Confession

Je n’en ai jamais assez, car c’est un fait : je suis un gros consommateur. Je pourrais demander à mes collègues de m’en donner un peu, mais le monde de la finance est hypocrite sur ce point : personne n’avoue en prendre ou en avoir. Je passe donc mes journées à m’arranger pour en grappiller des miettes qui, accumulées, me donnent l’extase sublime de la consommation. Mais ce n’est jamais aussi simple. Le travail me laisse peu de répit et le soir venu, les angoisses créées par le manque me retirent toute volonté d’aller me coucher.

Dans la gestion de ce problème, ma conjointe est d’une aide précieuse. Non pas qu’elle m’empêche d’en consommer, bien au contraire. D’ailleurs c’est elle, mon principal fournisseur. Et pourtant, quand on la voit, on ne dirait pas qu’elle est du genre à en prendre… Ensemble, nous réunissons nos stocks et nous consommons avec délice, même si les quantités sont malgré tout assez faibles. Grâce à elle, il y en a toujours du bon à la maison.

Il m’en faut toujours un peu, quelle que soit mon activité. Parfois, quand je quitte la capitale, je m’arrange pour en avoir beaucoup ainsi je ne suis pas obligé de revenir trop vite. Ce n’est pas toujours évident, mais je m’arrange. C’est un des privilèges lorsqu’on travaille beaucoup : on peut parfois s’en offrir un peu.

Je ne sais pas si je suis plus dépendant que les autres, mais j’ai toujours l’impression de courir après sans jamais le rattraper. D’ailleurs je vous laisse : je n’en ai plus assez pour continuer.

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