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web 2 min Boris Schapira

Facebook et moi

Quand j’ai commencé à l’utiliser je trouvais le concept frais, novateur et intéressant. Avoir en un clin d’œil un contact permanent avec les personnes de sa vie était tout de même une sacrée promesse ! Un ou deux groupes marrants, l’inscription à quelques Network pour parfaire mon profil puis quelques applications pour rendre la page de profil plus personnelle, plus riche et voilà que je faisais partie de la communauté et que je pouvais retrouver mes potes. Grisant. </p>

Puis avec le temps, mon Facebook s’est enflé comme une baudruche. Alors que je ne me servais de Facebook que pour discuter avec quelques amis je me suis mis à ajouter des contacts semi professionnels, des rencontres de soirée, des amis d’amis… De quelques contacts, je suis passé à plus d’une centaine. De l’invitation occasionnelle pour installer des applications, mon compte recevait alors plus de 10 invitations par jour. Le News Feed, censé me donner des informations sur ce que font mes amis, était illisible et je ne m’informait en général que des 5 derniers messages.

Avec la popularité de Facebook étaient arrivés de nouveaux usages qui venaient perturber le concept originel. Les groupes s’étaient multipliés comme des puces sur le dos d’un épagneul vagabond. D’un espace de retrouvailles pour des communautés prenant pied dans le réel (étudiants d’une même école, d’une même ville, passionnés ayant des choses à partager ou des causes à défendre…), ils sont devenus des lieux d’expression pour des internautes en mal de reconnaissance (groupe de "j’aime, j’aime pas", "contre" et "pour" sans compter les "groupe de ceux qui pensent comme moi"). Statistiquement, l’intérêt moyen des groupes dans Facebook a décru aussi vite que la population les consultant a augmenté. Pour moi, c’était le début de la fin.

Heureusement j’avais découvert la fonction de blocage des applications. J’en avais bloqué plus de 180 et même si j’avais toujours quelques invitations chaque soir cela constituait un répis. L’augmentation du nombre de visiteur permit à Facebook d’obtenir un nouveau statut officiel : application grand public. Reportages télévisés, débat, couvertures de magasines… ce qui n’était rien d’autre qu’une gigantesque cours de récré pour 90 % des utilisateurs est devenu la coqueluche des médias qui jusque-là n’y avait pas cédé. Et qui dit médiatisation dit toujours plus d’inscrits, toujours plus d’applications débiles et moins de contenu intéressant. De plus les médias qui essaient d’analyser le phénomène n’ont pas les compétences ou la qualité d’investigation requise pour le faire. Ils mettent ainsi en avant le plus évident : l’aspect "copains d’avant", les applications et un ou deux arrivistes culottés et affabulateurs rapidement dénoncés.

Bref, Facebook est en train de devenir un grand dépotoir à dérives comme Second Life en son temps. On y trouve de tout mais surtout, du n’importe quoi. La plateforme est devenue un mélange de streaming de contenu multimédia par les annonceurs (qui détiennent certains groupes dont les utilisateurs n’ont pas idée), de plate-forme d’accumulation de données privées (publiées pour la plupart puisque les utilisateurs ne cliquent jamais sur ‘Privacy’) et de zone d’expression des pires tendances comme des meilleures (bizarrement, ce sont toujours les pires que je remarque le plus). Ajoutons à cela que Facebook est devenu top tendance et qu’il abrite de jour en jour un nombre croissant de membres non-actifs qui bien sûr, avant d’abandonner leur compte pour toujours, prendront soin de créer un groupe, d’installer 40 applis et de vous inviter à tout ça…

Conclusion, je suis comme Fred, je ne crois plus en Facebook. Je ne pense pas supprimer mon profil car c’est un complément à mon Social Graph auquel je ne peux tourner le dos sous peine de perdre certains contacts. Je ne dis pas que le site est mauvais, loin de moi cette idée, mais il ne correspond plus à mes attentes. Je lui préfère par exemple LinkedIn qui remplit à merveille son rôle de réseau social orienté vers les contacts professionnels. Et pour ce qui est des contacts semi-professionnels, il reste Twitter.