Le blockbuster annoncé de l’été – si on omet les énièmes aventures d’Harry Potter – sera assurément Transformers. Il y a pourtant fort à parier que les critiques n’en disent pas que du bien.
J’aimerais vous dire que Transformers 2 est aussi intéressant à regarder que son prédécesseur. J’aimerais vous dire qu’il est plus lisible, moins saccadé, plus clair… Désolé de vous décevoir, mais ce n’est pas le cas. Le film est un véritable fouilli à plus d’un niveau.
Scénario Carambar
Le film est d’abord un bazar scénaristique incroyable. Michael Bay avait réussi, avec le premier opus, à concocter habilement la recette d’un bon film de l’été : une fille ultra-sensuelle, de l’action, une bonne dose de fiction, pas mal d’explosions et un scénario clair à la complexité limitée. Cette fois, il a voulu allez plus loin en ajoutant à tous ses éléments un peu d’histoire de couple, une pointe de jalousie, des personnages supplémentaires nageant dans le burlesque (oui, comme Jar-Jar Binks), un peu d’espionnage et une grosse pincée de film de guerre avec plein de tactique et de brouillard dedans. Sauf que cette fois-ci, la sauce ne prend pas. Passée la première heure du film, on se sent trimballé d’une situation à une autre sans lien. Les incohérences et les non-dits se succèdent et plus rien n’a de sens.
Publicité pour sérum physiologique
Transformers 2 ne s’offre même pas le luxe d’être facile à regarder. Le nombre de personnages explose – sans qu’on ait véritablement le temps d’apprendre à les connaître – et le réalisateur n’hésite pas à donner des apparences similaires à de nombreux robots dont les transformations, toujours aussi complexes, rendent le visionnage du film éprouvant pour les yeux du spectateur situé trop près de l’écran. J’ai par exemple été incapable de distinguer un Autobot d’un Decepticon dans la première scène d’action du film, puisque tous deux se présentaient sous la forme de voiture de sport gris métallisé… Le reste du film est du même acabit, quand ce n’est pas carrément le nombre de robots présents simultanément à l’écran qui devient ingérable.
Glamour pare-balles
Reste la fille. Ou devrais-je dire, les, car comme tous les éléments présents dans Transformers 1, la « fille » s’est également multipliée. Sauf que peu d’actrices peuvent se permettre de faire de l’ombre à Megan Fox et Isabel Lucas n’en fait pas partie. C’est donc Megan, quasiment seule en scène, qui nous livre sa plus belle prestation : garder la bouche ouverte en prenant un air libidineux chaque fois que son looser de petit copain lui dit un mot. Terriblement sexy, mais incroyablement pathétique. Elle nous permet tout de même de comprendre une règle fondamentale : même si le monde est sur le point d’être détruit, même si vous petit copain est en danger, même si vous-même êtes sur le point de mourir… il faut toujours, toujours avoir les lèvres ultra-glossy. Merci Megan pour cette grande leçon de glamour.
Transformers 2 : la déchéance des robots
Evidemment, vous pouvez toujours vous dire que tout cela ne compte pas, que « Transformers », c’est avant tout une histoire de robots et que comme il y en a plein, vous en aurez pour votre argent. Vous apprécierez alors le grand travail que Michael Bay a réalisé pour détruire toute la prestance qu’avait ces belles machines dans le premier film. Ici, nous avons des robots lâches, des robots qui viennent du Bronx, des robots qui se transforment en tout et n’importe quoi, des robots couillus, des robots qui vieillissent… bref, du grand, très grand n’importe quoi qui réduit à néant ce que ce pauvre Optimus Prime avait encore comme dignité.
Conclusion
Les effets spéciaux sont très bons et on retrouve plus d’une fois l’humour décalé qui avait fait le succès du premier Transformers. Mais on a l’impression que le réalisateur a voulu, pour ce nouveau film, tenir la promesse bien connue « dans le 2, on fera mieux que dans le 1″. Il a malheureusement franchit la limite à ne pas dépasser et autant la première heure du film est bonne, autant le reste est mauvais. Espérons que l’équilibre sera retrouvé dans Transformers 3…
Ma note : 5/10

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J’ai hâte de voir ça mais je reste toujours sceptique face à ce genre d’annonces…