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Stéréotypes de BAC+5

Boris | 7 juillet 2008

Depuis quelques jours de nouveaux messages ornent les couloirs de circulation du metro. “Je suis poursuivi”, “Je suis convoitée”, “Je suis adulé”… Des phrases issues de jeunes BAC+5 ayant fait leur recherche d’emploi sur les sites de l’annonceur…

On y apprend ainsi le bestiaire stéréotypé des cadres moyens : l’ingénieur en sécurité informatique est un paranoïaque adepte du noir et entouré de l’aura mystique du hacker. Son collègue des télécoms est un glandeur mégalo qui confond plage et bureau tandis qu’il se balance sur sa chaise. Quant au commercial, c’est avant tout une femme qui évolue dans un décor mièvre et passe sa journée à rigoler (c’est connu, on passe nos journées à faire les cons à BAC+5) .

A côté de ces mêmes affiches, d’autres font la promotion des postes managériaux dans une chaine de fast-food. L’allure est professionnelle, les responsabilités semblent assumées. On parle d’avenir et de compétences, pas d’égo. Le salarié n’a pas l’air d’une star, juste d’un mec qui est fier de faire son job en dehors de l’argent qu’il y gagne. On parle des valeurs de l’entreprise et des valeurs du salarié…

Et après on s’étonne que les gens qui gagnent le SMIC nourrissent des sentiments mitigés envers ceux qui en gagnent 3.

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Le vilain méchant investisseur et le trader fou

Boris | 31 mai 2008

La Finance de marché n’a pas bonne image et ce ne sont pas les récents évènements qui en ont amélioré la perception pas les citoyens français. A droite comme à gauche, une vision commune considère la Finance comme un domaine de l’économie dont les conséquences se résument invariablement à des drames sociaux comme les délocalisations, les plans de restructuration ou la perte de l’épargne des bons français. Au cœur de cette perception, deux légendes entretiennent le mythe. D’abord, l’actionnaire diabolique à la recherche d’un profit rapide et ensuite, le trader fou.

En effet, une croyance fortement ancrée limite les motivations de l’investisseur aux profits rapides issus d’une forte pression sur la direction, quitte à épuiser le patrimoine de l’entreprise. Sa vision est à court-terme : quelques mois, au mieux quelques années. Les conséquences de son action sont invariablement les mêmes : licenciements (pour réduire les coups sociaux) et/ou délocalisation (vers un pays où la main-d’œuvre est moins chère).

Quand ce n’est pas cette vision qui domine, c’est celle du trader fou, spéculateur au possible, responsable de toutes les pertes de repères de l’économie financière par rapport à l’économie réelle. Et quand il n’est pas fou, c’est qu’il ne joue pas la transparence et réalise des profits immérités en masquant des opérations, en saisissant des contreparties invalides ou en manipulant les prix des matières premières…

Et ce ne sont pas nos chefs d’Etat qui aident à changer cette image :

Chirac, Le Monde, 30 mai 2006 : « On fait de l’argent sur le dos des gens et après on fiche tout le monde dehors. La dictature financière, ça suffit ».

Sarkozy, Conférence de presse de l’Élysée, 8 janvier 2008, « La libre concurrence n’est pas plus compatible avec les dumpings de toutes sortes que le capitalisme entrepreneurial n’est compatible avec la prise totale de pouvoir par la finance et la soumission de la logique de la production à la logique financière ».

Ce qui est vicieux avec cet état des choses, c’est qu’on oublie totalement le rôle de l’investisseur et du spéculateur, ne retenant que le côté diabolique des choses. L’investisseur entrevoit les bénéfices à court terme d’évolutions d’entreprises à long terme. Lorsqu’il investit dans une entreprise, il investit sur son potentiel de réussite à 10, 20, 30 ans. Et lorsqu’il se retire d’une entreprise, ce n’est pas pour provoquer des licenciements, mais au contraire pour réinvestir dans un autre support de création d’emploi.

Quant au trader spéculateur, on néglige toujours son rôle d’agent de liquidités. Quant une entreprise décote, il est le seul à investir en prévision d’un retournement de situation, participant ainsi à son éventuel redressement. Et lorsque ce retournement a effectivement lieu, il est le seul à devenir vendeur de titres au moment même où l’entreprise a le plus besoin d’investissement.

On comprend ainsi la grogne des financiers quand les chefs d’Etat, jouant sur la “fracture sociale”, décident de jouer les redresseurs de tort d’un système qu’ils diabolisent eux-même aux yeux des citoyens.

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Coup de Gueule, Finance, Nexeo

A propos d’Education…

Boris | 19 mai 2008

Mon grand-père me racontait souvent son internat lycéen. Séparé de sa famille de plusieurs dizaines de kilomètres, il était néanmoins heureux d’avoir la chance de recevoir une éducation.Ces valeurs se sont perdues, ou est-ce moi qui disjoncte ?

Aujourd’hui j’ai l’impression que recevoir une éducation est devenu un dû et que plus aucun respect n’est accordé à l’enseignement. Je pense à ces procès que l’on voit fleurir dès qu’un professeur hausse le ton ou encore à ces parents qui viennent supplier les enseignants de laisser leur enfant passer en classe supérieure… comme si redoubler était une tare congénitale et que la nécessité pour leur enfant de bénéficier d’une année supplémentaire d’éducation était une preuve irréfutable de leur propre bêtise.Mais dans la pensée collective, l’Etat a le devoir de maintenir les étudiants au niveau. Si ce n’est pas le cas, il suffit de faire travailler les étudiants baisser le niveau. Et c’est comme ça qu’on arrive à des pourcentages de réussite au BAC toujours plus hauts malgré les grèves…

L’Education Nationale est une gigantesque pieuvre administrative dans laquelle tout est fait pour laisser peser un maximum de responsabilité sur le corps professoral, de plus en plus malheureux malgré des investissements toujours croissants (de 56.6 milliards en 2005 à 58.28 en 2008 ; montant qu’il faut doubler si on considère l’apport des collectivités territoriales, entreprises, ménages… etc… sources 1 et 2) malgré des réductions d’effectifs constantes et d’ailleurs, dénoncées. En dépit de ce constat, aucune remise en cause par la base d’un système qui rend malheureux ses salariés et inefficaces ses moyens. Tout va bien, on continue comme ça. On se plaint (beaucoup), on fait évoluer ses enseignements (un peu), on pense à changer (jamais)….

Aucune solution ne peut être discutée car aucune discussion ne semble possible… Les mesures gouvernementales ne peuvent être qu’inacceptables. Les manifestations, appuyées par un corps enseignant qui incite les lycéens (se motivant facilement à 1. Se rebeller et 2. Sécher les cours) à le soutenir. Comment ne pas induire ces jeunes, appelés sans cesse à “penser par eux-même” à ne pas confondre la libre réflexion et l’opposition systématique (vidéo) ? Après tout, leurs ainés et professeurs le font bien (vidéo) ! Normal, ce sont encore une fois les plus extrémistes qui sont écoutés, représentants d’anciennes forces syndicales cherchant à amasser des adhérents pour ne pas perdre leur bonus en représentativité…

Les manifestants et opposants à la réforme de Xavier Darcos ont-ils pour autant tort ? La réponse est délicate. D’un côté nous avons un système qui s’est progressivement éloigné de son objectif originel : enseigner, pour s’approcher davantage d’une système de promotion sociale dans lequel l’enseignant tient tous les rôles et surtout, toutes les responsabilités (y compris celui d’inculquer aux enfants et adolescents des valeurs fondamentales à la place de leurs parents, sans pour autant disposer des mêmes tolérances).

Je comprends donc parfaitement la logique gouvernementale de ne pas renouveler un certain nombre de postes de départs à la retraite dans la mesure où elle permet un retour à un pseudo-flux tendu (nécessité étant de conserver une certaine quantité d’enseignants disponibles mais d’en assurer la rotation). Maintenant la question que j’ai envie de poser est : et après ? Va-t-on enfin alléger l’enseignant des tâches qui ne sont pas les siennes et lui redonner les moyens et le rôle qu’il devrait avoir : celui d’enseigner ? Arrêter de crier à la mort quand on faire apprendre des choses par cœur aux enfants, ne pas remettre en cause le niveau même s’il est difficile pour certains, laisser un certain champ d’action répressif, autoriser et favoriser les projets innovants…

Bref, il y a encore du pain sur la planche.

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Coup de Gueule, Education, Grève

Supermarchés : une grande supercherie ?

Boris | 15 mai 2008

Je voudrais bien qu’on m’explique une chose : comment certaines grandes enseignes de supermarché arrivent-elles à rembourser jusqu’à 20% des chariots des clients en bons d’achat et dire qu’il s’agit d’une mesure pour lutter contre la “vie chère” et la “baisse du pouvoir d’achat” ?

Je suis un client comme un autre et moi, ce genre d’argument, ça me donne plutôt l’impression que je suis en train de me faire pigeonner sévère. On ne m’ôtera pas de l’idée qu’une grande surface capable de faire au minimum 5,5% de réduction sur une grande variété de produits, c’est une grande surface qui fait payer ces mêmes produits 5,5% trop chers.

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Coup de Gueule, Grande Distribution

L’affaire Fuzz / Olivier Martinez

Boris | 21 mars 2008

Update du 21/03/08 :

Ces derniers jours ont vu l’émergence d’une véritable crise de conscience qui bouscule les foules virtuelles. Que penser de ces personnalités qui attaquent des sites web pour tout ou rien et réclament des montants sans aucun rapport avec la réalité ? Sûrement pas que du bien, mais il n’est pas non plus question de rentrer systématiquement en rébellion incontrôlable.

Olivier Martinez n’a pas eu de chance, et nous sommes nombreux, moi le premier, à avoir participé à ce buzz destiné à lui montrer le sentiment des internautes face à ses menaces. D’un délire sur Twitter lancé par une poignée de blogueurs se connaissant pour la plupart est né un mouvement qui nous a tous dépassé et qui, s’il a au moins le mérite de susciter l’intérêt des médias, n’est en toute honnêteté pas très malin de notre part.

Malheureusement, Olivier Martinez n’est pas le seul à avoir assigné pour des préjudices discutables. De l’accusation de diffamation à la réclamation de dommage et intérêts pour l’utilisation d’une marque en sous-domaine (ça devient ridicule), le web français (souvent relativement amateur) et principalement le web collaboratif (blogs, sites de partage…) vit ces jours-ci une hémoragie judiciaire sans précédent. Et il est vrai que son statut est ambigu. A qui faire porter la responsabilité du contenu ? Quelles limites ne pas dépasser ? Comment évaluer le préjudice et les sanctions en rapport avec des (micro-)revenus dont le statut légal est plus ou moins flou ?

Espérons que cette affaire fasse comprendre à nos sphères législatives la nécessité de mettre en place des notions légales de responsabilité qui soient adaptées au support numérique et pas dérivées d’un système d’édition presse qui ne connait pas de composante dynamique… et que les principaux accusateurs apprennent à communiquer et/ou utiliser des moyens plus intelligents pour maitriser leur image.


Update du 19/03/08 : Le jugement final de “l’affaire Fuzz“,  qui a mis la blogosphère en émoi, sera rendu la semaine prochaine. En attendant, un rapide constat de Vinz sur l’action groupée des blogueurs français…


NOUS, on ne l’aime vraiment pas Olivier Martinez from Vincent Huwer on Vimeo.

En voyant le nombre de sites concernés et l’ampleur de l’impact que cela peut avoir sur l’image d’une personne (même si elle l’a mérité), je me pose une question : sommes-nous les terroristes de l’identité numérique ?

 


Post du 17/03/08, intitulé “J’aime pas Olivier Martinez” : C’est un très mauvais acteur, malgré le renom de certains des films dans lesquels il a joué (Le Hussard sur le toit, Infidèle… ah ben mince en fait il n’y a à peu près que ça de bien).

En revanche, vous penserez peut-être que ça n’a rien à voir, mais j’aime bien la tarte au citron meringuée.

Qu’en pensent Richard, Ravana et Fred ?


copyright photo ? he@rt ?

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Coup de Gueule, Video

Grand méchant capital

Boris | 18 mars 2008

A la fin de la seconde guerre mondiale, la France a subi deux phénomènes parallèles : la reprise en main des activités économiques du pays par l’Etat (nationalisation, fonctionnarisme) et une très forte croissance, plutôt mécanique en raison des terribles épisodes traversés précédemment.

Les français ont profondément ancré dans leurs esprits cette période et associent depuis croissance et dirigisme. Ils placent leur argent sur des comptes garantis par l’Etat, en attendant patiemment de toucher la retraite issue du système de répartition en s’insurgeant des bénéfices des grosses entreprises dont ils ne profitent pas puisqu’ils n’en sont pas actionnaires…

… tout en refusant d’investir leur temps ou leur argent pour les soutenir et en continuant à mépriser les patrons qui les emploient.

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Coup de Gueule, Finance, Nexeo

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