Un livre numérique est une oeuvre rédactionnelle s’échangeant sans avoir besoin d’être imprimée, reliée, transportée et commercialisée en magasin. Le livre numérique, obtenu de manière légale ou illégale, se lit sur une liseuse du même nom (numérique donc, pas illégale, suivez un peu).
Et cela m’inquiète.
Ce que j’aime dans un livre de poche acheté en librairie, c’est son prix qui met la culture à disposition de tous. De ce côté-là, le e-book ne m’inquiète pas. Si les industries de l’édition papier risquent bel et bien de se battre pour un statut quo sur le sujet (en se mettant bien profond dans les fouilles les économies réalisées sur l’impression, le transport et la commercialisation en magasin), le prix d’un e-book n’a que peu de chance d’être, au final, supérieur au prix d’un livre en magasin.
Mais le prix d’un livre de poche m’intéresse pour une autre raison : il ouvre mon imaginaire. Prenez un roman de poche, un de ces vieux bouquins tout écorné qui traine au fond d’un sac usé. Savez-vous où vous l’avez acheté ? Combien il vous a coûté ? Avez-vous peur de le perdre ? Avez-vous jamais eu peur de l’abîmer ? Ne pouviez-vous pas l’emmener partout avec vous ? Dites au revoir à tout ça. Vous ne traverserez pas un quartier chaud en vous cachant derrière un Kindle à 200 dollars. Vous hésiterez même à l’utiliser en marchant, de peur de le faire tomber et de l’abîmer…
Les possesseurs de iPod me diront qu’ils arrivent très bien à écouter de la musique en joggant, oubliant que leur joujou à 179€ roule sa bosse dans la poche ventrale de leur sweat du dimanche matin en menaçant de tomber toutes les 5 minutes. Moi, je ne peux pas. Déjà, je suis mauvais sportif, donc ça tombe mal. Ensuite je ne peux pas m’empêcher de penser à la valeur des choses.
Et pour moi, un livre, c’est quelque chose dont la vraie valeur dépasse le prix d’achat. Un livre représente des jours entiers de voyage dans un univers personnel, complètement fantasmé. La lecture est un moment d’introspection, peut-être LE moment d’introspection le plus précieux que possède l’humanité. Et je ne suis pas encore prêt à désapprendre à lire des pages en papier pour commencer à utiliser un support disposant d’une connection réseau, d’un accès permanent à Wikipédia ou je-ne-sais quel autre argument fonctionnel en faveur du e-book.

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