Décidément, la fin de semaine est propice aux articles polémiques.
En discutant avec Ravana des commentaires argumentés mais passionnés autour du sifflement de la Marseillaise (voir un exemple ici-même), je suis tombé sur un commentaire très intéressant laissé sur son blog par un certain Remy à la suite d’un article dénonçant fermement la responsabilité de l’Eglise dans la mort de nombreux africains du SIDA.
La vision de Remy est expliquée de manière tolérante, cohérente, simple et pédagogique. Elle m’a rappelé les débats animés organisés par les jésuites au lycée. Si nous ne sommes pas d’accord sur les conclusions (j’exprime mon point de vue ici), j’applaudis le travail d’explication.
Bonjour,
J’aimerais essayer de vous montrer une autre approche.
D’abord, il faut comprendre la position (pas celle du kamasutra) de l’église.
L’église fait une faute pédagogique : elle propose son plus haut idéal à tous, de la même façon.
Or pour le comprendre, il faut avoir fait d’abord un chemin assez important, ce qui n’est pas souvent le cas.
Exemple pour comprendre : imaginez que vous vouliez apprendre à jouer de la guitare, et que la seule partition que l’on vous propose, ce soit du Satriani, ou ce bon vieux Sultans of swing de Dire Straits. Vous allez insulter ce professeur stupide et vous posez la guitare.
C’est pareil ici.Je pense donc que l’église passe complètement à côté de la vulgarisation de son message.
Alors quel message ?
1. chaque être humain désire être heureux (ça paraît simple, mais ce désir n’est pas satisfait par la consommation).
2. Qu’est-ce qui comble l’être humain, et le rend vraiment heureux : l’amour
l’être humain a pour mission intime d’apprendre à aimer et à être aimé, tout au long de sa vie, et de plus en plus fort.Et comment faire ? Globalement, on se donne du temps, on s’accroche, on puise du courage là où on peut.
Dit autrement…
P.S. :
Je me suis retrouvé, à une époque, à distribuer des préservatifs dans mon école avec AIDES. Manque de bol ou coup du sort, nous avions appris le décès de Jean-Paul II la veille.
Les commentaires sur le blog de Ravana ne sont rien face aux centaines de mails haineux reçus pendant des jours à la suite de cette « provocation » que nous avions fait à l’église chrétienne.
17 octobre 2008 à 15 h 18 min
« Et vous, qu’en pensez-vous ? »
Etant profondément athée mais ayant une certaine culture de la religion catholique, je pense qu’on doit distinguer deux choses :
- L’article en lui-même est écrit par un béotien qui critique une religion dont il ne connait visiblement pas grand-chose (sans parler de son style désastreux et de son orthographe, disons, « aléatoire »). On sent qu’il y a une (tentative de) volonté de second degré qui échoue car submergée par la vulgarité et l’agressivité.
- Le commentaire que tu cites recadre un peu les choses mais oublie de dire une chose (qui est développée dans d’autres commentaires) : A partir du moment où tu es catholique, les règles du Pape (qui sont cohérentes dans leur contexte) s’appliquent. Si tu ne l’es pas, ne te sens pas concerné. Après tout, le Pape ne fait finalement autorité que dans sa « juridiction’ (le catholicisme)…
On stigmatise encore une fois la religion catholique, par facilité. Il est clairement plus simple de taper sur une « organisation » avec une « direction » établie et identifiable (le Dalaï-Lama en sait quelque chose lui aussi) que d’essayer de le faire avec des entités plus nébuleuses (et sur ce coup-là, l’Islam a fait très fort en ne désignant pas de chef spirituel).
17 octobre 2008 à 15 h 45 min
@PJ:
En même temps, il me semble que Ravana s’en prend au Pape, pas aux catholiques ! Il annonce donc la couleur dès le départ.
17 octobre 2008 à 15 h 58 min
@Boris:
Ce qui revient au même. Si tu critiques les décisions du chef de n’importe quelle organisation, tu en critiques indirectement la totalité.
17 octobre 2008 à 16 h 16 min
@PJ:
Heureusement que tu as tort ! Ça voudrait dire que personne ne pourrait avoir d’esprit critique quant aux choix des dirigeants des organisations auquel il appartient sans s’auto-critiquer ! Je crois que je finirais par devenir ermite
17 octobre 2008 à 16 h 20 min
@Boris:
[...] des organisations auquel il appartient [...]
Tout est là. Ce type ne se pose pas en catholique, il critique « de l’extérieur ».
17 octobre 2008 à 16 h 59 min
J’adore vos débats… continuez, ça me fait du bien après mes journées pourries (temps, cours, loin de mon fiancé, la totale quoi !)
17 octobre 2008 à 17 h 07 min
@PJ:
Donc si je critique le gouvernement et que je n’y suis pas, je critique en fait toute l’organisation, à savoir la République ?
17 octobre 2008 à 17 h 34 min
@Boris:
OK, tu joues sur les mots depuis les trois dernières répliques.
Je n’ai pas dit qu’on stigmatisait les catholiques, j’ai parlé de « la religion catholique ». Quel est le moyen le plus simple de s’en prendre à une entité abstraite ? Attaquer ses symboles et ses manifestations concrètes. Le Pape est évidemment le symbole le plus visible. Ajoute à cela qu’il participe activement à l’établissement du dogme et qu’il s’en fait en plus le porte-parole…
Prenons une autre religion. Au hasard, le Shintoïsme. Admettons que tu veuilles critiquer un aspect de ce culte, comme l’abstinence purificatrice (je prends un exemple bidon, c’est juste pour la démonstration). Tu argumentes ton propos, tu l’étayes, etc. Jusque là, ça reste très académique et ça ne diffère pas beaucoup de n’importe quel travail idéologique. Vu que le Shintoïsme évolue peu et qu’il n’y a pas d’autorité centrale ‘active’ (autre qu’un texte sacré ou une perpétuation orale) ça laisse peu de prise et de place au dialogue. Tu peux crier aussi fort que tu veux, la montagne ne bougera pas.
Sans compter que c’est très à la mode pour les Français de taper sur la chrétienté (les croisades, l’inquisition, la collaboration qui vaut un point Godwin, etc.) Ils n’osent pas taper sur l’Islam, ça provoque des émeutes. Et les Bouddhistes sont déjà tellement opprimés les pauvres (en fait, ce sont les Tibétains, mais l’amalgame est tellement facile). Quant aux autres religions, l’homme de la rue n’y connait rien. Et je m’en fous que le Catholicisme prédomine en France et qu’il attire de ce fait plus de critiques. Si tu es Catholique et que les positions du Pape ne te plaisent pas, argumente en interne ou change de religion mais tu n’as pas besoin de l’étaler en place publique, ce n’est plus une religion d’Etat depuis un bail. Si tu n’es pas Catholique, en quoi ça te concerne ? La provocation gratuite (cad sans but d’aboutir à un débat constructif) c’est minable.
Bon, je m’emporte sur le tutoiement, mais c’est juste un effet de manche littéraire. Nothing personal.
Bref, moi je suis pour taper sur les religions (enfin, ça dépend pourquoi et comment on s’y prend, mais ça ferait l’objet d’un article à part entière) mais il faudrait voir à élargir l’horizon. Vivre et laisser mourir.
17 octobre 2008 à 18 h 20 min
@PJ:
Je ne critique pas l’existence du Pape, je critique ses choix. Je parle de choix car il n’est nul part écrit dans la Bible qu’un catholique doit transmettre ses MST (y compris héréditaires) à son conjoint. Je ne demande pas au Pape de légitimer l’infidélité, je lui demande de tolérer l’usage du préservatif.
Un grand pouvoir impliquant de grandes responsabilités (oui, j’ai des morales à la Spider-Man), je pense que le Pape doit prendre les siennes et comprendre que beaucoup de gens meurent à cause de ce qu’il préconise. MEME s’ils sont FIDELES et respectent le dogme.
Même si ça me met en situation d’ingérence vis-à-vis d’une religion qui n’est pas la mienne, je m’en fiche.
17 octobre 2008 à 21 h 44 min
j’ajouterai sur ton blog un petite question débile : Quelqu’un peut il m’expliquer pourquoi le chef d’une religion qui prone les relations sexuelles sans capote se deplace-t-il dans un vehicule fortement capoté ?
18 octobre 2008 à 23 h 43 min
@PJ à Le style était voulu, l’orthographe n’est pas mon fort, je le concède mais pour la religion que je ne connais pas, détrompe toi… Et c’est justement pour cela que je me permet de critique ouvertement le pape.
Mais bon, si on a plus le droit de critiquer…
19 octobre 2008 à 20 h 27 min
@Ravana:
C’est bien mal connaître cette religion d’affirmer que les rapports sexuels sont destinés UNIQUEMENT à enfanter.
Votre article est également truffé d’erreurs d’analyse :
- « Benoît XVI, qui est censé représenter la voi(x)e de la raison » : qui parle de raison ? Le Pape est le représentant de Dieu sur Terre, pas de la raison ;
- « inciter [...] tous les chrétiens à continuer de copuler sans se protéger et donc fatalement de se transmettre de jolis maux » : en cas de maladie, l’Eglise prônait l’abstinence et tolère l’usage de préservatif dans le cadre du couple marié ;
- « Et puis, mourir, ça fait pas mal, hein ? » : la Mort est un sujet récurrent dans la Bible et la douleur qu’elle inflige est fréquemment décrite, que ce soit sur le plan physique, psychologique, spritituel… ;
- « Benoît ne saura pas que vous avez pêché » : cette phrase respire l’amalgame à plein nez ;
- Et j’en passe…
Je comprends très bien le message que vous avez voulu faire passer (et je le respecte), mais la façon de le faire vous décrédibilise…
20 octobre 2008 à 2 h 12 min
@PJ relisez bien, vous verrez p-e l’ironie et la provocation à la deuxième lecture… Sinon, bah posez vous des questions
Pour avoir étudier la religion de notre « bon » vieux Pape pendant 10 ans, je vous rassure, je comprends bien la problématique et ne cherche pas à avoir raison et encore moins à « évangéliser » (mouarf) … je trouve que l’église a encore des progrès a faire en communication et en responsabilité…
Quand vous me dites que le pape n’est pas la voie de la raison, je pense qu’il faudra que vous relisiez bien l’ancien testaments… surtout le passage avec les 10 commandements… qui ne sert juste à rien sauf à dicter 10 lois… donc la moral… donc la raison
Ce que je reproche à l’Eglise (et aux autres, hein
n’allez pas croire que j’en ai que contre le pape, ça serai mal me juger ^^) c’est qu’une personne Responsable ne peux pas inciter au crime de cette manière sans avoir légalement et moralement un souci… sauf les sectes… pardon, les religions.
Mais tout est une question de point de vue, n’est il pas ?
PS : au passage, relisez mes commentaires sur mon blog
23 octobre 2008 à 15 h 16 min
Débat épineux s’il en est.
Mais pourtant tellement simple je trouve.
J’avoue ne jamais comprendre ce sujet …
Je suis catholique, pratiquant qui plus est et j’utilise les préservatifs (enfin en fait non, mais je suis disposé à les utiliser en cas de besoin et je l’ai déjà fait). C’est ma responsabilité personnelle et j’agit en tant qu’homme responsable et conscient de mon état. Si j’avais choisi de respecter le dogme totalement, c’eut été la même chose : ma responsabilité personnelle car je n’ai pas été endoctriné contre ma volonté depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours eu à ma disposition tout les points de vue existant sur toutes les questions. Je vis dans un monde libre, je suis libre, et donc personne d’autre que moi n’est resposable de mes actes.
En fait, le simple fait que vous puissiez avoir ce débat signifie que le Pape n’est pas responsable des actes des personnes qui suivent ce qu’il préconise.
Ou alors, c’est reconnaitre que la promotion d’une idéologie par des moyens conventionnels est assimilable à de la propagande, et tout les partis politiques seraient interdit. Cela pourrait aussi être tout bonnement que l’on considère que l’homme n’est pas capable d’esprit critique et de prendre ses propres décisiens et en ce cas, il faudrait internet militants et hommes politiques, rendre le droit de vote dépendant d’un test de faculté, etc.
Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais dans vos arguments vous insultez systématiquement les catholiques en leur retirant toute capacité de jugement.
D’autre que vous arguent que les africains ne sont pas forcément aussi éduqués etc. etc. Mais jusqu’à preuve du contraire, la moitié de l’afrique est musulmane, un tiers est protestante et l’autre tiers, qui compte parmis les pays les moins touchés par le VIH car parmis les plus riches est catholique. Aussi il faudrait peut-êtyre plutôt établir un lien entre le niveau d’éducation et l’épidémie.
Quant au dogme lui-même … L’Eglise prône la fidélité. Comment pourrait-elle proposer l’usage du préservatif à part entre couples mariés ?
Ce serait juste abérant !