BorisSchapira.com

Life is too short to be small

[PS3] Heavy Rain

| 6 Commentaires

Heavy Rain est une exclusivité PS3 réalisée par Quantic Dream, studio à l’origine de Fahrenheit et The Nomad Soul, deux excellents jeux ayant reçu à leur sortie de bonnes critiques sans rencontrer leur public. Heavy Rain ne dérogera pas à la règles. Certains adoreront, d’autres détesteront. Car Heavy Rain n’est pas vraiment un jeu vidéo mais une nouvelle implémentation du concept de loisir interactif.

Scénario(s) : Lorsqu’un tueur en série s’en prend aux enfants d’une petite ville tranquille, quatre personnes se retrouvent plongées dans une enquête destinée à sauver la dernière proie du meurtrier, le jeune Shaun. Tandis que le père de l’enfant cherche à le sauver tout en portant un fardeau trop lourd pour lui, une journaliste, un agent du FBI, un détective privé et la mère d’une des précédentes victimes tentent eux-aussi de retrouver le coupable avant qu’il ne soit trop tard. A partir de cette trame se construit une histoire « élastique » qui, si elle terminera toujours à l’échéance imposée par le tueur, se déroulera différemment pour chaque joueur, avec une conclusion déterminée par les décisions prises en cours de jeu. Dans Heavy Rain, il n’y a pas de Game Over. Le joueur appuie ou non sur le bon bouton au bon moment et cela influence l’histoire dans un sens plutôt que dans un autre. Cette profusion de choix a pour conséquence de placer le joueur dans des situations critiques où ses propres émotions se mêlent à celles des personnages.

Capture et « Jeu » des personnages : les personnages de Heavy Rain ne sont pas des modèles 3D complètement imaginés par des professionnels mais bien de vrais acteurs modélisés et transformés en personnages virtuels. Si la technique pourrait sembler intéressante à première vue, elle montre ses limites durant les déplacements des personnages, légèrement saccadés lorsqu’il s’agit de dévier d’une direction donnée. En revanche, l’ensemble des gestes effectués pour saisir un objet ou parlé est tout bonnement bluffant de réalisme. Et cela n’est rien en comparaison des visages qui sont de vraies œuvres d’art. Les écrans de chargement séparant chaque chapitres sont d’ailleurs des moments précieux, puisque les développeurs offrent alors aux joueurs l’occasion de regarder ces visages de près et d’apprécier leur réalisme.

Réalisation & Photographie : ces deux termes, qu’on ne retrouve pas dans tous les jeux, s’appliquent parfaitement à Heavy Rain. Comme le titre du jeu l’indique, l’ensemble de l’action se déroule dans un environnement sans cesse écrasé par une pluie battante qui ternit non seulement les lieux mais aussi les vies. Chaque personnage, incarné par le joueur ou secondaire, se retrouve confronté à ses angoisses et aux aspects les plus glauques de sa vie. Cet aspect angoissant du scénario se retrouve très bien dans la photographie du jeu, terne et ruisselante. Alternant entre scènes figées et split-screen lors des moments critiques, la réalisation audacieuse n’a rien à envier au monde du cinéma.

Interactivité : jouer à Heavy Rain, c’est accepter de sacrifier une partie de sa vie de joueur. Si la récompense est au rendez-vous, il n’en reste pas moins que le jeu est assez frustrant. Les personnages, si réalistes dans les cinématiques utilisant le moteur du jeu, sont de vrais boulets lorsqu’il s’agit de contourner un canapé pour attraper un paquet de chips. Mais les premières minutes sont les plus douloureuses et le manque d’interactivité, qui donne parfois l’impression d’être revenu à l’époque de Dragon’s Lair, cède vite la place au sentiment profond d’être un acteur de l’intrigue et d’être le seul à pouvoir choisir son déroulement. Mais rassurez-vous, une fois fini, il est possible de recommencer à n’importe quel chapitre pour déterminer les conséquences de choix différents.

Conclusion :

  • Triangle : cet article est utile et m’a donné envie de jouer au jeu.
  • Carré : j’ai déjà fini le jeu et j’ai adoré.
  • Croix : c’est un jeu idéal pour un couple où l’un joue et l’autre regarde, j’achète.
  • Rond : j’ai adoré le jeu mais je me sens encore un peu frustré car j’aurais aimé davantage d’action.
  • L1 : j’ai joué à la démo, cela me suffit. L’ambiance est véritablement trop sombre pour moi.
  • R1 : en déroulant l’histoire, j’y ai reconnu le matériau des meilleurs thrillers, j’ai immédiatement adhéré à l’intrigue.
  • L2 : j’ai encore du mal à me remettre de certaines décisions que j’ai prise dans le jeu et je suis heureux de pouvoir recommencer pour que les choses se déroulent différemment.
  • R2 : David Cage est mon Dieu et je rêve d’une fusion entre Quantic Dream et Naugthy Dogs pour une futur « Uncharted Heavy 2 : Among the thieves of rain »

Ma note : 19/20

6 Commentaires

  1. Pingback : Tweets that mention [PS3] Heavy Rain | BorisSchapira.com -- Topsy.com

  2. 19 t’y vas fort ! mais c’est vrai 1/ que les déplacements sont très frustrants 2/ que la réalisation et l’interactivité en font un jeu de couple idéal :) la PS3 est d’ailleurs la spécialiste de ce type de jeu tu ne trouves pas sur ses exclu (LBP, le truc avec la petite peluche en RA j me souviens plus) ?

    • J’ai complètement adhéré au paradigme du jeu-film-interactif, et j’ai passé une dizaine d’heures incroyables, pleines de réalisme et parfois terrifiantes. C’est quelque chose que peu de jeux arrivent à approcher, même en 100 heures ! En ce qui me concerne, il a bien mérité son 19.
      Par contre, comme je le disais, cette narration originale ne conviendra pas à tout le monde, et je ne peux pas en vouloir à certains magasines de Jeu Vidéo qui mettent 6/10 au jeu. Je comprends pourquoi et j’espère qu’ils y rejoueront plus tard, quand ils auront l’esprit plus disponible pour ce genre de voyage.

    • Je n’ai jamais joué à Little Big Planet. Nous, on joue plutôt sur le mode joueur/observateur, ma Libellule n’étant pas trop branchée manette (même la Wii). Du coup des jeux à grand spectacle avec un fort scénario ou un parti-pris dans la narration sont l’idéal pour nous. Outre Heavy Rain, Uncharted 2 nous a aussi mis une fabuleuse claque.

  3. Ça me donnerais presque envie d’acheter une PS3 !
    Ayant joué à Fahrenheit à défaut de pouvoir jouer à Heavy Rain, j’ai été conquit …

    Un Triangle pour moi, même si l’envie existait déjà auparavant ;-)

    • J’avais adoré Fahrenheit ! Comme Heavy Rain à l’époque, le jeu n’avait pas convaincu tout le monde. Mais la scène de course à contre-sens sur la route avec le saut vers l’hélicoptère à la fin restera longtemps pour moi une référence !

Laisser un commentaire

Champs Requis *.

*