« Projet de Loi rela­tif au rensei­gne­ment »

Ce projet m’inquiète pour de nombreuses raisons qui se résument rapi­de­ment en :

  1. Surveillance auto­ma­ti­sée et massive du trafic inter­net par des algo­rithmes encore incon­nus (poli­tique du tous suspects)
  2. Contrôle par une Commis­sion consul­ta­tive aux pouvoirs limi­tés, voire nuls
  3. Recours citoyen inap­pli­cable, plus de contre-pouvoir (même le juge se fait déga­ger)
  4. Léga­li­sa­tion de pratiques actuel­le­ment illé­gales des services de rensei­gne­ment (les mecs ont fait une conne­rie, donc on décrète que la conne­rie n’en est plus une… logique)

Je ne suis pas le seul à craindre ce texte. La liste des oppo­sants est longue, dont des gens qui savent a priori de quoi ils parlent :

  • le Conseil Natio­nal du Numé­rique ;
  • le Syndi­cat de la Magis­tra­ture ;
  • la Commis­sion Natio­nale Consul­ta­tive des Droits de l’Homme ;
  • la Commis­sion Natio­nale de l’In­for­ma­tion et des Liber­tés ;
  • la Commis­sion Natio­nale de Contrôle des Inter­cep­tions de Sécu­ri­té…

Pour autant, nos dépu­tés sont-ils stupides ou mal rensei­gnés ? Bien sûr que non. Nous ignorent-ils ? Je ne le pense pas. En réalité, nous sommes dans une véri­table démo­cra­tie repré­sen­ta­tive : nous avons des élus qui nous ressemblent. Et nos élus sont plutôt à l’image de ce que sont deve­nus les français : ils sont inquiets face aux éten­dues du terro­risme et pratiquent des raison­ne­ments simples. En effet : les terro­ristes sont dange­reux et utilisent Inter­net comme d’un outil de recru­te­ment et de propa­gande. Nos services de rensei­gne­ment ont les moyens tech­niques de surveiller le trafic sur Inter­net pour les détec­ter. Pourquoi ne pas le faire ?

On se retrouve donc avec une frange des dépu­tés prête à défendre des idéaux tant que cela corres­pond à son ressenti. Il suffit donc de mani­pu­ler ce ressenti pour lui faire voter n’im­porte quoi. Par exemple, mettre un point d’orgue autour du rôle de cette surveillance. « Unique­ment pour les terro­ristes », qu’on vous dit. Peu importe que la notion de terro­risme ne soit pas défi­nie et que le texte inclut aussi les mouve­ments sociaux…

Avec des raison­ne­ments comme ça, je ne vous raconte pas comme j’ai hâte que nous ayons les moyens tech­niques d’en­re­gis­trer et d’ana­ly­ser toutes les conver­sa­tions orales ! Et sans même parler de cette hypo­thèse tech­nique­ment farfe­lue (mais qui a le mérite de souli­gner le danger), je donne 5 ans pour qu’on assiste aux premiers détour­ne­ments du rensei­gne­ment d’Etat avec des affaires d’es­pion­nage de l’op­po­si­tion, par exemple.

Et ne nous leur­rons pas : cela arri­vera que ce texte soit voté ou non, car il n’est que la léga­li­sa­tion de pratiques qui ont déjà lieu, de l’aveu même de ses insti­ga­teurs.

Maîtrise et exper­tise

Tous les ensei­gnants ont vécu ce moment. Parfois, lors de la première répé­ti­tion d’un cours mais plus souvent à la première ques­tion posée par un élève. Ce moment où l’en­sei­gnant se rend compte qu’il ne maîtrise pas complè­te­ment son sujet. Tous les gens qui ont ensei­gné m’ont fait le même témoi­gnage :

Je ne maîtri­sais pas réel­le­ment le sujet avant de devoir l’en­sei­gner

Une erreur commune est de croire que la maîtrise d’un sujet implique sa produc­ti­vité sur un projet le concer­nant. Ce sont en réalité deux choses profon­dé­ment diffé­rentes. L’une fait appel à la raison, l’autre à l’in­tui­tion, et cela fait toute la diffé­rence entre un chef de projet et un expert en déve­lop­pe­ment.

Le premier est dans une posture péda­go­gique : il doit pouvoir expliquer à tout moment la situa­tion du projet par rapport aux délais, aux coûts et à la couver­ture fonc­tion­nelle et tech­nique en s’adap­tant au voca­bu­laire de ses inter­lo­cu­teurs car son objec­tif est la compré­hen­sion par l’en­semble des acteurs des problé­ma­tiques qui les concernent. Le second doit avoir une vision intui­tive de la meilleure solu­tion, construite autour de son expé­rience person­nelle mais aussi des récits des expé­riences des autres qu’il a assi­milé au travers de sa veille et de ses expé­ri­men­ta­tions. Son objec­tif est de conso­li­der la produc­tion pendant et après le projet pour en assu­rer la perti­nence en terme d’ar­chi­tec­ture.

C’est pourquoi je suis toujours très dubi­ta­tif quand ces deux rôles projet sont portés par la même personne.

Déra­pages du langage

C’est juste­ment ceux qui « ne sont pas Char­lie » qu’il faut repé­rer. Ceux qui dans certains établis­se­ments scolaires ont refusé la minute de silence. Ceux qui balancent sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur.
Ce sont eux que nous devons repé­rer, trai­ter, inté­grer ou réin­té­grer dans la commu­nauté natio­nale.
Natha­lie Saint Cricq, Jour­nal de France 2

Natha­lie, je suis là, je vous attends. Mais je dois être parfai­te­ment honnête avec vous : vos propos me font vrai­ment peur, et j’ai l’im­pres­sion que les raisons pour lesquelles je pour­rais rentrer dans l’une de ces petites cases sont infi­ni­ment plus humaines, honnêtes et porteuses d’es­poir pour l’unité natio­nale que le message que vous faites passer à l’an­tenne.

Juste pour rappel : la liberté d’ex­pres­sion n’est rien sans la liberté de conscience.

Sud Web 2014 : « de l’idée au projet » – Notes

« Captu­rer • Concep­tua­li­ser • Confron­ter »

En tant que consul­tant et chef de projet chez Clever Age ou profes­seur chez Inge­sup, je suis amené à aider régu­liè­re­ment des clients, des collègues ou des étudiants à donner vie à des produits logi­ciels. Ces produits ne sont, à la base, que de simples idées comme vous, moi, pouvons en avoir souvent. Je suis sûr qu’ici-même, à cet instant, après d’aussi nombreuses pres­ta­tions de qualité, les idées ne manquent pas. Mais souvent, nous ne savons pas trop quoi faire de ces idées, nous avons peur de les utili­ser. Nous les lais­sons s’en­vo­ler, nous avons du mal à les forma­li­ser ou nous n’ar­ri­vons pas à convaincre d’autres personnes de leur inté­rêt pour qu’ils nous suivent…

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Brown Bag Lunch, faisons connais­sance

Je rejoins une nouvelle initia­tive, celle des Brown Bag Lunches. Le concept est simple : mettre en rela­tion entre­prises et experts autour d’un déjeu­ner.

Je trouve la démarche extrê­me­ment posi­tive. Pour beau­coup d’en­tre­prises, une démarche de forma­tion est coûteuse et la mise en place d’une veille tech­no­lo­gique est diffi­cile. Pour beau­coup de socié­tés de conseil, propo­ser ce genre d’exer­cice engendre beau­coup de tâches admi­nis­tra­tives pour un retour sur inves­tis­se­ment très faible.

Le système d’échange autour d’un sand­wich permet aux acteurs de se rencon­trer et de tisser des rela­tions qui vont au-delà du contrac­tuel. Il permet à un consul­tant de rôder une présen­ta­tion (j’ai toujours mes collègues de Clever Age pour ça, mais ce n’est pas le cas de tout le monde) et peut donner à des sala­riés dans l’en­tre­prise hôte un nouveau dyna­misme profes­sion­nel.

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Face­book n’a rien à voir là-dedans

Un sala­rié a une obli­ga­tion de discré­tion concer­nant les infor­ma­tions dont la divul­ga­tion à des tiers serait préju­di­ciable à l’en­tre­prise et par exten­sion, à ses clients. Face­book et la mise en danger des liber­tés indi­vi­duelles n’ont aucun rapport avec l’af­faire.

Circu­lez, il n’y a rien à voir.

Note de service

En ce moment, j’ai plein d’en­vies. Depuis que je suis parti de Paris, en fait. Avec plus de deux heures par jour passées sous terre, la Ville Lumière me rendait surtout aveugle. Depuis mon retour à Bordeaux, je vois à nouveau, et je respire.

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8 choses que vous ne savez pas sur Mme Scha­pira

Vivre en couple est parfois diffi­cile mais souvent amusant. Marié depuis quelques mois et en couple depuis quelques années, j’ai appris à obser­ver ma moitié et à l’ai­mer comme elle est. Voici 8 choses (parmi tant d’autres) qui font que je l’aime. J’in­vite évidem­ment tous les couples de blogueurs à jouer à ce petit échange. Un peu d’amour et d’hu­mour ne font jamais de mal…

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