Boris

Maîtrise et exper­tise

Tous les ensei­gnants ont vécu ce moment. Parfois, lors de la première répé­ti­tion d’un cours mais plus souvent à la première ques­tion posée par un élève. Ce moment où l’en­sei­gnant se rend compte qu’il ne maîtrise pas complè­te­ment son sujet. Tous les gens qui ont ensei­gné m’ont fait le même témoi­gnage :

Je ne maîtri­sais pas réel­le­ment le sujet avant de devoir l’en­sei­gner

Une erreur commune est de croire que la maîtrise d’un sujet implique sa produc­ti­vité sur un projet le concer­nant. Ce sont en réalité deux choses profon­dé­ment diffé­rentes. L’une fait appel à la raison, l’autre à l’in­tui­tion, et cela fait toute la diffé­rence entre un chef de projet et un expert en déve­lop­pe­ment.

Le premier est dans une posture péda­go­gique : il doit pouvoir expliquer à tout moment la situa­tion du projet par rapport aux délais, aux coûts et à la couver­ture fonc­tion­nelle et tech­nique en s’adap­tant au voca­bu­laire de ses inter­lo­cu­teurs car son objec­tif est la compré­hen­sion par l’en­semble des acteurs des problé­ma­tiques qui les concernent. Le second doit avoir une vision intui­tive de la meilleure solu­tion, construite autour de son expé­rience person­nelle mais aussi des récits des expé­riences des autres qu’il a assi­milé au travers de sa veille et de ses expé­ri­men­ta­tions. Son objec­tif est de conso­li­der la produc­tion pendant et après le projet pour en assu­rer la perti­nence en terme d’ar­chi­tec­ture.

C’est pourquoi je suis toujours très dubi­ta­tif quand ces deux rôles projet sont portés par la même personne.

Déra­pages du langage

C’est juste­ment ceux qui « ne sont pas Char­lie » qu’il faut repé­rer. Ceux qui dans certains établis­se­ments scolaires ont refusé la minute de silence. Ceux qui balancent sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur.
Ce sont eux que nous devons repé­rer, trai­ter, inté­grer ou réin­té­grer dans la commu­nauté natio­nale.
Natha­lie Saint Cricq, Jour­nal de France 2

Natha­lie, je suis là, je vous attends. Mais je dois être parfai­te­ment honnête avec vous : vos propos me font vrai­ment peur, et j’ai l’im­pres­sion que les raisons pour lesquelles je pour­rais rentrer dans l’une de ces petites cases sont infi­ni­ment plus humaines, honnêtes et porteuses d’es­poir pour l’unité natio­nale que le message que vous faites passer à l’an­tenne.

Juste pour rappel : la liberté d’ex­pres­sion n’est rien sans la liberté de conscience.

Chaque jour

#HeForShe

Gender equa­lity is your issue too
Emma Watson, Discours aux Nations Unies (traduc­tion française)

Chaque jour, j’es­saie d’ex­pliquer à mes garçons comment deve­nir des hommes, ce qui n’est pas évident, car je n’ai pas vrai­ment de défi­ni­tion moi-même. Alors je leur apprends surtout à deve­nir des chouettes êtres humains et à explo­rer leurs possi­bi­li­tés à eux, sans se soucier de l’ex­té­rieur.

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Atti­tude d’homme blanc

En juin dernier, Fiona Taylor Gorringe soule­vait une ques­tion inté­res­sante sur son blog : « 3 % des utili­sa­teurs naviguent avec IE9 et 14 % des utili­sa­teurs ont un handi­cap. Pourquoi on ne se préoc­cupe seule­ment que des premiers ? ». Je ne dirais pas qu’on se préoc­cupe « seule­ment » des vieux navi­ga­teurs et jamais des utili­sa­teurs avec un handi­cap. Mais j’ai clai­re­ment bien plus de demande expli­cite pour ces premiers que ces derniers. C’est un peu une « atti­tude de blanc » appliquée au web. Mais les mino­ri­tés sur le web ne sont plus forcé­ment celles qu’on croit.
« Regarde toutes les mino­ri­tés » – HTeuMeuLeu (Rémi Parmen­tier)